JE POSE ÇA LA!
Devons-nous construire notre propre opinion? Cette question peut sembler aussi absurde que choquante. Pourtant à l’heure de popularisation de Chat GPT et consœurs, elle n’a jamais autant d’actualité. C’est le podcasteur et entrepreneur Sam Harris qui l’a posé et je l’ai trouvé pertinente en réalité. En particulier parce que je l’ai aussi croisé avec la newsletter de Charlie Warzel, Galaxy Brain, que j’adore.
A la création d’Internet nous avions cette croyance que si tout le monde avait accès à toutes l’information disponible alors cela serait plus démocratique bien sûr mais aussi cela permettrait d’élever le niveau de l’humanité.
Pourtant, la réalité, c’est que trop d’informations tuent l’information car l’infobésité détruit nos capacités cognitives à les traiter et créée de l’indécision et de l’anxiété.
En réalité, quelles que soient les théories les plus farfelues, vous trouverez désormais toujours au moins une personne qui pense comme vous sur Internet et cela fait de nous des complotistes potentiels.
Par conséquent, le fact-checking devient quasi impossible et nous en arrivons à une situation dans laquelle, non seulement nous ne sommes pas d’accord sur les narratifs mais nous ne sommes même plus d’accord sur les faits.
D’où cette question pour le moins subversive : devons-nous construire une opinion sur tous les sujets ? Sommes-nous capables de le faire dans un monde éminemment complexe ? (Je m’inclus dans le lot et non Chat GPT ne va rien arranger dans ce cadre et l’interdire comme l’Italie souhaite le faire est une telle incompréhension du sujet).
Plus de discussions sur les réseaux sociaux ne vont pas résoudre cette problématique car même si les humains n’ont pas attendu Internet pour se tromper les uns et les autres, aujourd’hui la tromperie est sous stéroïde.
A force de fake news, d’analystes qui racontent tout et son contraire, de bulles de filtre, il existe une déconnexion forte entre les « experts » reconnus et le peuple (j’utilise ce terme avec beaucoup de respect).
Bien évidemment certains d’entre eux nous ont déçus car manipulés par des politiques ou des grands groupes.
Mais peut-être que la réponse n’est pas dans une défiance par défaut mais, à l’inverse, de s’assurer que nous pouvons leur faire confiance à nouveau.
C’est exactement ce à quoi sert un consensus scientifique, c’est-à-dire une remise en question permanente de la part d’experts (sur des sujets bien spécifiques) qui se challengent entre eux.
J’aurais l’occasion de reparler de la construction d’un esprit critique à l’ère de l’IA dans un autre épisode.
De son côté Charlie Warzel propose une solution qui résonne beaucoup chez moi : se couper un peu de l’information en continu et se concentrer sur le courage, la patience, une forme de sagesse et de développer des liens profonds.
En réalité c’est de cela dont nous avons surtout besoin. Mais je suis curieux de savoir comment vous le gérez de votre côté.
ON ECOUTE!
Cette semaine sur Vlan! et Ping!
...
